Premières mesures d’urgence

Avril-mai 2019

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Au lendemain de l’incendie qui l’a affecté sous le regard du monde entier, Notre-Dame de Paris reste debout, comme un symbole de résilience. Pourtant, la cathédrale n’est pas définitivement sauvée : elle offre un spectacle désolant, a subi de très gros dommages et menace par endroits de s’effondrer. Le préfet de police de Paris promulgue un arrêté de péril encadrant strictement les conditions d’accès au périmètre de l’édifice sinistré. Avant d’entreprendre toute restauration, il convient de mettre en sécurité l’édifice.

 

L’ampleur des dégâts

La charpente en bois, comportant notamment la forêt édifiée au début du XIIIe siècle, et la couverture ont disparu dans l’incendie. La chute de la flèche en chêne construite au XIXe siècle par l’architecte Viollet-le-Duc et l’entreprise Bellu a entraîné la destruction d’une partie des voûtes. La combustion du bois au sol de la nef et de la croisée a détruit les sols et répandu des poussières dans tout l’intérieur de la cathédrale. Le pignon du transept Nord et certaines statues menacent de tomber. Les murs-bahuts, dont l’arase supportait le poids de la charpente, ont gravement souffert des flammes. L’eau déversée par les pompiers a imprégné les maçonneries des voûtes. L’échafaudage qui devait servir au chantier de restauration de la flèche, en cours au moment de l’incendie, a résisté à l’effondrement de la flèche et aux flammes mais, en partie fondu et très fragilisé, son état suscite de vives inquiétudes. 

Dès le matin du 16 avril, ces dégâts sont constatés par l’architecte en chef des monuments historiques maître d’œuvre, Philippe Villeneuve, qui dresse un premier diagnostic du bâtiment et un inventaire des travaux de sécurisation. Sous la maitrise d’ouvrage de la DRAC, et avec l’aide des entreprises déjà présente à cause du chantier en cours, les opérations les plus urgentes sont engagées. 

 

La sécurisation des pignons

Placés au cœur du brasier, les trois pignons qui délimitaient la charpente (façade Ouest, façades Nord et Sud du transept) sont très fragilisés. Charpentiers et tailleurs de pierre interviennent dès le 17 avril : ils scient et déposent les 7 statues qui les surmontaient, dont l’Ange à la trompette du pignon ouest, puis stabilisent les maçonneries grâce à un système complexe d’étais placés de part et d’autre, doublés par des filets destinés à prévenir d’éventuelles chutes de pierre. 

 

La mise hors d’eau de la cathédrale

Alors qu’un orage se profile dans le ciel parisien, mettre à l’abri des intempéries une cathédrale désormais dépourvue de toitures apparait comme une priorité, pour éviter d’aggraver l’état de Notre-Dame. 

En toute urgence, une structure de poutrelles métalliques est posée à l’aide de grues sur les murs-bahuts, pourvue d’un plancher provisoire en bois, et couverte de bâches au niveau de la nef et du chœur Le 19 avril, leur déploiement met temporairement la cathédrale à l’abri de l’eau. 

 

L’instrumentation de l’édifice

Les diagnostics à l’œil nu ne suffisent pas à connaître l’état réel de l’édifice. La stabilité de l’échafaudage de la flèche et la capacité de résistance des voûtes rescapées ne sont pas connues. Pour anticiper tout risque d’effondrement, on décide donc de placer 40 capteurs reliés à des alarmes sonores dans toute la cathédrale pour surveiller les mouvements du monument, en particulier de ses voûtes, et de l’échafaudage. Tout au long de la phase de sécurisation, ils veilleront en temps réel et au millimètre près sur la cathédrale. 

 

Mesures publiques - Mise en place d’une organisation pour la sécurisation et la restauration de la cathédrale

Le soir même de l’incendie, le président de la République déclare, sur le parvis de Notre-Dame de Paris « Nous rebâtirons la cathédrale ». Dans la semaine qui suit, le gouvernement engage la rédaction d’un texte de loi instituant la souscription nationale recueillant les fonds permettant de financer les travaux, et prévoyant la création d’un établissement public dédié, chargé de sécuriser et de restaurer la cathédrale. 

Le 17 avril 2019, le président désigne un représentant spécial pour prendre la responsabilité du relèvement de la cathédrale, le général d’armée Jean-Louis Georgelin et fixe l’objectif d’une réouverture dans un délai de cinq ans, c’est-à-dire en 2024. Mis en place en un temps record, l’établissement public entre en fonction le 1er décembre 2019 et prend le relais de la Drac en tant que maître d’ouvrage de toutes les opérations concourant à la conservation et à la restauration de la cathédrale.

 

Visuel principal ©C2RMF Alexis Komenda

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