Dépose du grand orgue

Août-décembre 2020

Dépose du grand orgue

Dépose du grand orgue

 

Dans un buffet du XVIIIe siècle, le grand orgue de la cathédrale élaboré par Aristide Cavaillé-Coll au XIXe siècle compte 116 jeux, ce qui fait le plus grand de France. De grands organistes, comme Louis Vierne ou Pierre Cochereau l’ont rendu célèbre. 

Un chantier hors-norme

 

Il est nécessaire de démonter tous les tuyaux de l’orgue et de les envoyer en ateliers où ils seront nettoyés. Le démontage de l’orgue est un véritable chantier dans le chantier : un échafaudage a été installé, entouré de bâches thermo-soudées qui mettent sous cloche l’instrument. Les facteurs d’orgue eux-mêmes travaillent protégés par un masque respiratoire.

Autre particularité : s’il n’est pas rare de démonter des tuyaux d’un orgue, il est exceptionnel de les démonter tous, et plus encore de nettoyer toutes les machineries, le buffet et la console. 

Sous la maitrise d’œuvre d’un organologue, technicien-conseil, les trois entreprises de facteurs d’orgue mobilisées se démènent pendant 5 mois pour démonter toutes les pièces qui composent le gigantesque instrument. Le 3 août 2020, la dépose de la console, meuble comportant les claviers et pédaliers grâce auxquels l’organiste peut jouer, donne le coup d’envoi d’une opération hors du commun.

 

L’exil des tuyaux

 

Les premiers tuyaux à être démontés sont les chamades, tuyaux horizontaux jaillissant par gerbes à la base de l’orgue. Les facteurs d’orgue retirent ensuite les tuyaux de façade – à l’exception des plus grands, indéplaçables – , puis tous les autres tuyaux, en métal comme en bois, et enfin la partie technique notamment les systèmes de transmission des commandes de notes et de jeux et les 19 sommiers qui distribuent l’air comprimé qui fait résonner les tuyaux.

Les tuyaux métalliques présentent une très grande variété de taille : les plus courts d’entre eux ne font que quelques cm ! Tous partagent une même caractéristique : la minceur de la feuille de métal qui les composent. Ils sont donc fragiles et les manipuler demande des soins infinis. 

Minutieusement conditionné dans un étui à sa taille, chaque tuyau quitte ensuite les murs de la cathédrale pour gagner un entrepôt de stockage en région parisienne, avant de rejoindre ultérieurement les ateliers de facteurs d’orgue où il sera restauré. 

Quant aux grands tuyaux de façade, trop fragiles pour être évacués, ou aux soufflets, ou encore au buffet de l’orgue, ils sont laissés en place, où ils seront restaurés. 

Au terme d’un démontage mené tambour battant, la restauration de l’orgue pourra commencer : elle rendra au vénérable instrument toute la puissance de son souffle.  

 

Visuel principal ©David Bordes / RNDP

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La dépose du grand orgue

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