Chantiers-tests des chapelles

Septembre 2020-Avril 2021

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Des décennies de fréquentation de Notre-Dame avaient laissé l’intérieur de la cathédrale dans un état de dégradation visible : le temps avait noirci les murs et par endroits écaillé les peintures.

Pendant l’incendie, ces parois ont reçu des poussières de plomb, qu’il est nécessaire d’enlever avant de pouvoir ouvrir la cathédrale au public. Ce faisant, le nettoyage et la restauration pourront rendre à l’intérieur de Notre-Dame de Paris toute sa beauté.

 

Des tests sont donc menés pendant la phase de sécurisation dans deux chapelles de la cathédrale et leurs travées adjacentes. Ils ont pour but d’identifier précisément l’envergure des dégradations et de la pollution au plomb subies par les chapelles durant l’incendie. Ils permettent en même temps d’élaborer le protocole qui sera retenu, ainsi que les délais et les coûts qui y sont associés, pour le nettoyage et la restauration de l’intérieur du monument, de s’assurer que tous les corps de métiers pourront travailler au même moment et d’évaluer les coûts et le planning de la restauration intérieure. 

 

Un chantier dans le chantier

Pour mener ces tests en conditions réelles, deux chapelles sont choisies : l’une, la chapelle Saint-Ferdinand, dans le chœur de la cathédrale, conserve encore ses décors peints tels qu’ils avaient été conçus par Eugène Viollet-le-Duc. L’autre, la chapelle Notre-Dame-de-Guadalupe, dans la nef, présente des parements de pierre nus, depuis que ses décors ont été détruits dans les années 1960. Ce choix permet de tester des méthodes adaptées à tous types de supports.

Ces deux chapelles, et la travée du déambulatoire ou du collatéral qui les jouxte, sont isolées du reste de la cathédrale par des bâches, formant deux cellules hermétiques. Des échafaudages y sont montés sur quatre niveaux pour accéder à la totalité de la surface des parois.

Dans ces espaces confinés, les compagnons sont équipés de masques à ventilation intégrée qui renforcent leur protection face aux particules de plomb. 

Peintures, parements de pierre, ferronneries, sculptures, vitraux : les techniques de restauration à mobiliser sont variées. Plusieurs corps d’état interviennent donc en même temps pour tester les différents protocoles et vérifier qu’ils sont compatibles. 

 

Les couleurs retrouvées de la cathédrale

Sur la base des premiers essais effectués par le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH) dès 2019, quelques mois suffisent à élaborer, tester puis valider les protocoles mis au point par les restaurateurs. 

Dans les deux chapelles, des maitres-verriers nettoient les vitraux par époussetage et aspiration. Des tailleurs de pierre appliquent des compresses et du latex pour nettoyer les parements de maçonneries nus (sur les murs et au sol) et, dès que nécessaire, remplacent les joints qui lient les pierres. Les décors sculptés (autels, colonnettes, monuments funéraires, etc.) sont aussi traités par les restaurateurs de sculptures. 

La chapelle Saint-Ferdinand, la seule des deux à conserver son décor peint, bénéficie en outre de l’intervention de restauratrices de peintures. Elles commencent par refixer le support sur lequel repose la peinture, un enduit à base de plâtre, en injectant de la matière par derrière grâce à des seringues d’un diamètre minuscule. Puis elles nettoient la saleté accumulée au cours des siècles grâce à des gels qui dissolvent la crasse. En aspirant cette crasse, elles dévoilent peu à peu l’intensité des couleurs qui ornent les chapelles. Lorsque c’est nécessaire, elles comblent les quelques lacunes pour retrouver une lisibilité d’ensemble. 

Cette restauration permet de révéler la vivacité des peintures, la qualité de leurs pigments, l’exigence élevée de leur mise en œuvre au XIXe siècle, comme elle montre une coïncidence voulue entre les couleurs des parements peints et celles des vitraux et des pierres, contribuant à restituer à Notre-Dame de Paris sa dimension d’œuvre d’art totale. 

La chapelle Notre-Dame-de-Guadalupe fait l’objet d’une restauration moins poussée, car ses parois ne présentent plus de peintures murales. Toutefois, son chantier-test a révélé sur les voûtes du bas-côté Nord la présence de traces de décors plus anciens que le XIXe siècle, à base de fleurs de lys. 

En avril 2021, l’achèvement des chantiers-tests donne une nouvelle ampleur au chantier de sécurisation : dans la jeunesse retrouvée des deux premières chapelles s’esquisse la splendeur à venir de Notre-Dame de Paris lorsqu’elle aura été entièrement restaurée. 

 

Visuel principal ©Patrick Zachmann – Magnum Photos / RNDP

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Restaurateur de peintures

Des restaurateurs aux doigts d’or révèlent toutes les couleurs de la cathédrale.  

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Restaurateur de sculptures

Notre-Dame est l’écrin de véritable chefs d’œuvres de sculptures. A l’occasion de la restauration, ils bénéficient des soins de dizaines de restaurateurs, dont les mains expertes leur donnent une nouvelle jeunesse. 

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