
Empoussiérés, ses 8 000 tuyaux démontés durant la phase de sécurisation sont nettoyés à partir d’octobre 2021. C’est un chantier dans le chantier, confié à trois groupements de facteurs d’orgue.
Dans la cathédrale, la restauration du buffet et le nettoyage des grands tuyaux.
Les éléments les plus imposants qui composent l’orgue restent sur place dans la cathédrale sur la tribune occidentale : les tuyaux de façade, une vingtaine de très grands tuyaux en bois, les quatre grands soufflets et surtout le buffet d’orgue, qui en est la partie la plus ancienne, datant du milieu du XVIIIe siècle. Trop fragiles ou imposants pour être déplacés, ils sont restaurés sur place.
Les soufflets sont d’abords renouvelés en remplaçant les peaux de moutons qui les composent. Pour donner suffisamment de souffle à l’instrument, il faut qu’ils soient parfaitement étanches. La colle doit être posée à une température supérieure à 20°, aussi cette opération se déroule-t-elle durant les mois d’été. Quant au buffet, couvert au fil du temps de plusieurs couches de peinture, il est soigné par une restauratrice en peintures et décor d’orgue, qui met à jour les couches originelles et rafraîchit les vernis.
A l’automne 2022, les grands tuyaux sont débarrassés de toute la poussière qui les recouvrait.
En atelier, la restauration des tuyaux et des mécanismes musicaux
L’ensemble des tuyaux qui ont été évacués pendant la phase de sécurisation est restauré dans le Vaucluse. Les facteurs d’orgues ont dû adapter leur atelier et installer un espace clos, dont l’entrée et la sortie sont conditionnés par le passage par un sas de décontamination. Pendant plus d’un an, les tuyaux, dont la taille varie de celle d’un rouge à lèvres à plusieurs mètres de haut, y sont dépoussiérés et nettoyés un à un.
Décontaminés en Corrèze, les 19 sommiers, pièces de transmissions des commandes musicales aux tuyaux, sont restaurés depuis le printemps 2022 dans un atelier dans l’Hérault, selon des techniques et matériaux identiques à ceux utilisés du temps de Cavaillé-Coll : de la peau de mouton et de la colle animale, qui constituent une poche à soufflet permettant d’expulser de l’air et de faire vibrer les tuyaux.
Les sommiers seront ensuite électrifiés. Seule la transmission entre les claviers et les tuyaux, électrique pour les notes et pneumatique à air comprimé pour les registres, sera partiellement renouvelée et bénéficiera des innovations technologiques les plus récentes, déjà appliquées à la console des claviers en 2014.
Le remontage et l’harmonisation de l’instrument
A partir du début de 2023, les sommiers regagnent le buffet de l’orgue, suivis par les 8000 tuyaux, pour y être remontés petit à petit.
En 2024 viendra le temps de l’harmonisation du grand orgue : pendant 6 mois, de nuit pour des conditions acoustiques optimales, une trentaine de facteurs d’orgue s’activeront pour lui donner la justesse de ses tonalités. Ainsi, l’orgue totalement en état de marché pourra accueillir tous ceux qui entreront dans la cathédrale en 2024.
Visuel principal ©Patrick Zachmann – Magnum Photos / RNDP



