
Depuis la construction de la cathédrale, les pierres qui la composent ont fréquemment été remplacées, en respectant autant que possible les propriétés des pierres d’origine, du calcaire issu des « bancs francs parisiens » mais provenant de carrières de plus en plus éloignées de la capitale.
Pour reconstruire les voûtes effondrées, remplacer les pierres fragilisées par la chaleur de l'incendie des murs-bahuts, resculpter entièrement certaines statues des pignons ou encore les remplages des baies, 1 300 m3 de pierres doivent être trouvées.
A la recherche des pierres
L’approvisionnement en pierres a fait l’objet de deux études. Le Laboratoire de recherche des Monuments historiques (LRMH) a d’abord analysé les pierres évacuées de la cathédrale ou encore en place pour en définir les caractéristiques.
Missionné par l’établissement public, le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) a ensuite identifié les carrières susceptibles de fournir les pierres compatibles sur le plan esthétique et physicochimique avec les pierres d’origine. Ce programme de recherche a permis de démontrer que certaines carrières du bassin géologique du Lutétien, qui est la source historique de l’approvisionnement en pierre de la cathédrale, étaient en mesure de fournir la totalité des pierres nécessaires au chantier de restauration.
Ainsi la carrière de La Croix-Huyart, située à Bonneuil-en-Valois, dans l’Oise, s’est avérée être la seule à pouvoir fournir le type de pierre dure nécessaire à la reconstruction des arcs des voûtes effondrées et à la restauration des murs-bahuts. Contrairement à ce qui se fait d’habitude, l’établissement public a choisi de se porter lui-même acquéreur des pierres, pour sécuriser leur approvisionnement.
Huit autres carrières, situées dans les secteurs de Saint-Maximin (Oise) et de Soissons (Aisne), fourniront les pierres plus tendres pour la reconstruction des voûtains des voûtes effondrées ou abîmées et les travaux de restaurations intérieures en pierre.
L’extraction
Une carrière, qu’elle soit souterraine ou à ciel ouvert, se présente comme un empilement de couches minérales appelées « bancs ». Pour extraire les pierres recherchées, il faut d’abord dégager le banc dans lequel elle se trouve en déblayant les couches au-dessus.
Puis le carrier vient de front avec une haveuse, sorte de grosse tronçonneuse montée sur un bras mécanique mesurant près de 3,5 mètres, pour découper le bloc, puis il le divise perpendiculairement aux fissures naturelles avec une pelle hydraulique, enfin, il sépare les deux qualités, dure et mi-dure, avant d’envoyer le tout à l’usine où les blocs sont « lavés »,
c’est-à-dire coupés sur de petites épaisseurs pour identifier de potentielles fissures invisibles jusque-là.
Notre-Dame exigeant la plus parfaite qualité, le BRGM, à la demande de l’établissement public, réalise des contrôles qualité tout au long de l’extraction des pierres provenant de la carrière de La Croix-Huyart et de la première phase de transformation des pierres en usine.
Les blocs ainsi taillés sur 6 faces sont ensuite apportés en atelier, ou, pour ceux destinés à remplacer des éléments figuratifs, comme des clés de voûtes ou des statues, dans la loge de sculpture installée sur le parvis de la cathédrale. Ils ont déjà commencé à y être sculptés.
Visuel principal ©Patrick Zachmann – Magnum Photos / RNDP



