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L'aiguille de la flèche retrouve sa couverture

Romaric Toussaint © Rebâtir Notre-Dame de Paris

Après la reconstruction de la flèche en chêne massif par les charpentiers, c’est désormais le temps des couvreurs !

 

En effet la flèche en bois est recouverte d’une fine couche de plomb qui assure sa protection dans la durée et elle accueille de très nombreux ornements en plomb, chimères, gargouilles, crochets, dessinés par Viollet le Duc, qui lui donnent sa grâce unique. Le plomb est le métal utilisé pour les couvertures de monuments historiques ornées de décors ou de figures, en raison de ses qualités de malléabilité et de pérennité.

 

Les couvreurs préparent le travail en atelier. Dans les siècles passés, le façonnage du plomb se faisait sur place. Le faire en atelier permet de travailler dans les conditions les plus favorables, de disposer de plus d’espace et de s’affranchir des aléas météorologiques. C’est un véritable travail artistique qui demande un savoir-faire très spécialisé, une compétence rare et précieuse acquise par les compagnons couvreurs et ornemanistes en une dizaine d’années de pratique.

 

Les ornements sont façonnés ou plus souvent moulés. Les tables de plomb sont pré-façonnées à l’aide de gabarits des charpentes qu’elles recouvrent, gabarits en sapin à l’échelle 1. Pour l’aiguille de la flèche, sa partie supérieure qui mesure environ 30 mètres de hauteur, c’est un gabarit sur toute cette hauteur qui a été préparé. En raison de la géométrie très particulière de l’aiguille (en plan, une étoile à huit branches) et de sa très forte pente (près de 85°), les tables de plomb sont en « chevrons », c’est-à-dire ont une forme triangulaire.

 

Les entreprises de couverture et les compagnons couvreurs sont familiers des précautions à prendre, afin que tous ces travaux s’effectuent en pleine sécurité.

Après moulage et pré-façonnage, les éléments en plomb sont soigneusement colisés (empaquetés) pour leur transport sur le chantier et grutage au plus près des charpentes. 

 


 

Après le travail préparatoire en atelier, les tables de plomb pré-façonnées et les ornements moulés sont prêts à être mis en place sur l’aiguille, partie supérieure de la flèche qui mesure près de 30 m de hauteur.

 

Mais avant de disposer les tables de plomb, les couvreurs recouvrent d’abord la charpente de planches de chêne sec : les voliges. Ils placent ensuite sur les voliges un papier imperméable, dit papier anglais, qui assure une séparation entre le bois sec des voliges et les tables de plomb qui seront disposées par-dessus.

 

Les couvreurs mettent alors en place les tables les unes au-dessus des autres, en partant du bas de l’aiguille, avec un léger chevauchement pour bien isoler la charpente de la pluie, et les fixent sur les voliges. Le plomb étant très malléable, ils peuvent assurer les finitions en le frappant avec un maillet et une batte.

 

Pour finir, les ornements moulés en plomb, nommés crochets, qui ornent l’aiguille sont positionnés sur les supports en métal préparés à cet effet. Il y a près de 200 crochets sur la flèche ! Enfin différentes figurines moulées en plomb seront mises en place, telles que des grands-ducs au sommet des pinacles qui décorent la base de l’aiguille.

 

Couverte ainsi, l’aiguille de la flèche, après avoir retrouvé sa grâce, peut traverser les siècles !

 

Revivez la dépose de l'échafaudage de l'aiguille

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Romaric Toussaint © Rebâtir Notre-Dame de Paris

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Patrick Zachmann © Patrick Zachmann / Magnum Photos

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TimeLapse Go’ © Rebâtir Notre-Dame de Paris

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