Sécurisation de la croisée

Décembre2020-Août 2021

croisee (c) David Bordes RNDP.jpg

Parce qu’elle abritait l’autel où se déroulait la liturgie avant l’incendie, la croisée du transept était le cœur de la cathédrale. Mais ravagée plus que les autres parties du monument par l’incendie de la flèche qui la surmontait puis par l’effondrement de toute la voûte de la croisée, menacée par l’échafaudage sinistré, elle est devenue le point d’accumulation des blessures les plus spectaculaires reçues par la cathédrale. 

Fin 2020, la dépose de l’échafaudage permet enfin d’accéder à ce centre névralgique de la cathédrale incendiée : la dernière étape peut commencer, qui conduira à une cathédrale Notre-Dame de Paris complètement sécurisée.

 

Sécuriser les pieds de gerbe

De la voûte, seuls subsistent le début des arcs, qui s’épanouissent au sommet des quatre piliers formant les quatre angles de la croisée. Pour cette raison, on les appelle des « pieds de gerbe ». Gravement fragilisés, des pieds de gerbe doivent être démontés. Des échafaudages doivent être installés : impensable tant que des pierres de 80 kilos en moyenne menacent encore de s’écrouler…

Cordistes et échafaudeurs appliquent donc un mélange à base de filasse, de chaux et de plâtre sur les bordures de la brèche causée par l’effondrement de la voûte de la croisée, de manière à consolider l’ensemble. 

Une fois cette opération terminée, les échafaudages peuvent être montés le long des pieds de gerbe. Ceux-ci sont alors démontés pierre par pierre en ouvrant les joints de mortier avec un marteau et un burin. Quand les parties saines des piliers sont atteintes, la croisée est considérée comme sécurisée : c’est sur ces bases que s’élancera la future voûte restaurée et que s’enracinera la base de la charpente de la flèche.

 

Mettre hors d’eau la croisée 

Il ne reste plus alors qu’à poser sur les planchers installés au sommet des murs de la nef un toit provisoire coulissant, en tubes d’acier couverts de bâches. Minutieusement préparé, il a été conçu pour s’ouvrir lorsqu’il faudra acheminer des matériaux par la grue à tour à l’intérieur de la cathédrale. Sinon, en temps normal, refermé, il assure à la croisée une protection contre la pluie et le froid, comme un parapluie. 

En août 2021, l’achèvement du parapluie couvrant le grand vaisseau de la cathédrale marque la bonne fin, dans les délais prévus, de la première phase du chantier. C’est un grand soulagement : Notre-Dame de Paris est entièrement sécurisée, tous les périls qui pesaient sur elle ayant été levés.

Place maintenant à sa restauration !

 

Visuel principal ©David Bordes / RNDP