
Ces décombres ne sont pas des gravats sans intérêt ni valeur : ils portent la mémoire des parties de la cathédrale disparues dans l’incendie. Pour préserver cette mémoire et aussi pour permettre au chantier de sécurisation de se déployer, les experts du service d’archéologie de la direction régionale des affaires culturelles d’Ile de France (Drac/SRA) commencent un travail de longue haleine.
Déblayer, trier et documenter
Commandé par la nécessité de sécuriser la cathédrale sans tarder, experts et entreprises du chantier commencent par évacuer avec beaucoup de soin les décombres qui forment trois grands amas au sol de la cathédrale. L'état des voûtes du vaisseau central ne permet pas de circuler en dessous : on fait donc appel à des bras articulés pilotés à distance pour retirer poutres et blocs de pierre.
L’emplacement au sol de chacun de ces éléments est méticuleusement noté, afin de comprendre son emplacement dans les structures détruites. Une table de tri installée dans le transept permet ensuite d’effectuer une première sélection des vestiges, éléments présentant un intérêt patrimonial ou scientifique, afin de les séparer des gravats informes à proprement parler.
Les sacs contenants ces vestiges sont ensuite évacués de la cathédrale et regroupés en bon ordre sur le parvis, sous des grands barnums installés à cette fin.
En 2020 et 2021, la même méthodologie est appliquée aux décombres de la charpente, tombés, non plus au sol mais sur l’extrados (le dessus) des voûtes, et que les cordistes viennent retirer un à un.
Deux ans de tri et d’inventaire
Une fois les vestiges évacués, commence leur inventaire détaillé. Les spécialistes de toute discipline se relaient dans les barnums du parvis pour faire parler ce qui reste de la charpente et de la couverture : analyse de l’âge des bois, relevés des clous et des agrafes de métal, carottage des claveaux de pierre…
Les vestiges, qui ne peuvent rester durablement sur le parvis, sont transférés dans un centre de stockage situé en région parisienne, où sont également stockés des éléments de la cathédrale, vitraux, lustres, tuyaux d’orgue, dans l’attente de leur restauration dans les ateliers des entreprises attributaires des travaux. Ce transfert est achevé au printemps 2021. Ce centre est ouvert aux chercheurs qui peuvent y poursuivre leurs investigations dans le cadre du chantier scientifique associant le CNRS.
Visuel principal ©David Bordes / RNDP

