Nettoyage et restauration intérieurs

A partir de janvier 2022

Visuel restauration intérieure (c) zachmann.jpg

L’intérieur de la cathédrale a indirectement souffert de l’incendie, et du fait de l’effondrement d’une partie des voûtes. Par les brèches des voûtes effondrées, des poussières de plomb émanant de la combustion du grand comble se sont infiltrées et doivent être nettoyées. Ce nettoyage conduit en même temps à restaurer les parois et les décors intérieurs de Notre-Dame de Paris, encrassés par les siècles : c’est une véritable renaissance, telle que la cathédrale n’en avait pas connu depuis ses origines. 

 

Un premier dépoussiérage

Au début de l’année 2022, l’intérieur de Notre-Dame fait l’objet d’un premier dépoussiérage : des milliers de mètres carrés sont aspirés à l’aide d’aspirateurs THE (Très Haute Efficacité), équipés de filtres retenant les particules de plomb. Cette opération est rendue possible par la présence d’échafaudages dans toute la cathédrale, y compris dans ses parties hautes, installés pour sécuriser les voûtes et permettre leur restauration. 

 

Le nettoyage approfondi des parois

Pour retirer complètement les poussières, les tailleurs de pierre appliquent sur les parements des élévations intérieures et sur les décors sculptés non peints dans la cathédrale de pierre un latex, projeté sous forme de vapeur sur les murs, où il durcit jusqu’à former une couche qui accroche les particules volatiles. Sur les parties sculptées, comme les chapiteaux ou les nervures, la pose est d’une précision chirurgicale et est accomplie par des restaurateurs de sculpture. 

Au bout de quelques jours, ce latex est retiré, comme une seconde peau, entrainant avec lui les poussières. Après un dernier passage d’éponge humide, les murs, redevenus sains, apparaissent alors dans toute la clarté de leur pierre blonde, disparue sous des décennies d’encrassement accumulé. 

En même temps, certaines lacunes des décors sculptés doivent être restituées comme dans la frise se trouvant sous la rose Nord de la cathédrale. 

 

Le nettoyage des peintures murales

A la différence des parements du vaisseau et du déambulatoire, ou encore des chapelles de la nef, les chapelles qui bordent le chœur sont entièrement peintes depuis la restauration entreprise par Viollet-le-Duc au XIXème siècle. Il en va de même de la clôture de chœur, vaste mur ornée de bas-reliefs historiés représentant la vie du Christ et datant du XIVe siècle. Elles sont restaurées les unes après les autres selon un protocole mis en place à l’occasion des chantiers-tests durant la phase de sécurisation. 

Une fois l’échafaudage monté sur 4 niveaux, les restaurateurs commencent par refixer le support sur lequel repose la peinture, pour stopper sa dégradation. A l’aide d’une préparation chimique choisie dans le cadre des chantiers-tests, ils nettoient la surface peinte pour retirer la crasse qui s’était accumulée. Enfin, ils réintègrent des pigments de couleurs là où ils manquent, en veillant à choisir des produits réversibles pour différencier les parties originales des parties restaurées. 

Commencée juste avant l’été 2022, la restauration des chapelles Sainte Marie-Madeleine, au sud, Saint Marcel et Saint Germain, au nord, est terminée. Elles ont retrouvé leur lisibilité et dévoilé la splendeur de leurs teintes originelles.

Les chapelles Saint Louis, Saint Marcel et Saint Jean l’Evangéliste/Sainte Agnès sont en cours de nettoyage, nous révélant petit à petit des décors qui avaient totalement disparu sous la crasse accumulée au fil des années tandis que de nouvelles chapelles, comme la chapelle axiale et la chapelle Saint Georges, sont équipées d’échafaudages pour permettre aux restaurateurs de peinture murale d’intervenir prochainement sur leurs décors peints. 

Enfin, la restauration de la clôture de chœur est bien avancée, aussi bien au Nord qu’au Sud. 

 

Le nettoyage des statues en pierre 

Chacune des sculptures de pierre ou de marbre restées à l’intérieur de la cathédrale est nettoyée par des restaurateurs spécialisés. 

Quatre mausolées du chœur ont été entièrement nettoyés depuis l’automne 2022 par les restaurateurs de sculptures : 

-             Le mausolée de Jean Juvénal des Ursins et de son épouse Michelle de Vitry dans la chapelle Saint-Guillaume ; 

-             Le mausolée du cardinal Jean-Baptiste de Belloy dans la chapelle Saint-Marcel ; 

-             Le mausolée de Monseigneur Dominique Auguste Sibour dans la chapelle Sainte Marie-Madeleine ;

-             Le mausolée de Monseigneur Hyacinthe-Louis de Quélen dans la chapelle Saint Marcel. 

Les restaurateurs de sculptures travaillent désormais sur le mausolée d’Albert de Gondi qui se trouve dans la chapelle axiale, Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Les sculptures situées dans la nef seront, quant à elles, traitées en 2023.

 

La restauration des garde-corps

Une des particularités architecturales de Notre-Dame de Paris réside dans la présence de tribunes autour du vaisseau central. Elles sont caractéristiques du premier art gothique du XIIème siècle. 

Elles avaient été pourvues au XIXe siècle de garde-corps néogothiques en métal, d’après des dessins de Viollet-le-Duc. 

Tous démontés et transportés en atelier, les garde-corps sont restaurés et redorés par des ferronniers d’art en 2022 avant de rejoindre très prochainement leur emplacement d’origine. 

 

En décembre 2022, le nettoyage de l’intérieur du bras Sud du transept sud est achevé. Ses échafaudages sont démontés, dévoilant ce que sera l’état final de tout le monument lorsqu’il rouvrira ses portes en 2024 : grâce au travail de nombreux corps d’état mettant en jeu des techniques très diverses, Notre-Dame de Paris sera plus belle qu’elle ne l’a été depuis des siècles. 

 

Visuel principal ©Patrick Zachmann – Magnum Photos / RNDP

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