Restauration des voûtes et des maçonneries

2022 - 2024

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Les voûtes de la cathédrale ont souffert de différentes façons du sinistre : certaines ont été détruites par la chute de la flèche ou d'éléments de charpente, d’autres fragilisées par la chaleur ou l'eau. Leur mise en sécurité par les cintres en bois posés en 2020/2021 permettent leur restauration. 

Quant aux murs-bahuts, qui surmontent les murs de la cathédrale au-dessus de la naissance des voûtes et supporteront la charpente, ils ont souffert des flammes. Leurs pierres sont remplacées au fur et à mesure, afin de rendre plus solide l’assise de la charpente.

 

Le dessalement des voûtes 

L’eau déversée pour éteindre l’incendie a entraîné l’apparition de sels qui fragilisent les maçonneries, nécessitant leur dessalement.

Un protocole est établi : des compresses à base d’un mélange de kaolin et d’argile sont posées sous les voûtes. En quelques semaines, elles sèchent en attirant à elles les sels contenus dans les pierres, puis tombent d’elles-mêmes. Il reste alors à purger les joints au burin pour supprimer définitivement les réactions chimiques néfastes. 

 

La restauration des voûtes 

Vient ensuite la reconstruction des voûtes effondrées. La première à en bénéficier est la voûte du bras Nord du transept, dont un voutain est reconstruit en novembre 2022.

Les maçons-tailleurs de pierre reconstruisent le voûtain à l'identique, à partir de pierres et de mortier conformément aux modes constructifs d'origine : des cerces de bois ont d’abord été placés entre les cintres par les charpentiers sous l’emplacement des zones à reconstruire. Ensuite, les maçons-tailleurs de pierre ont positionné les pierres taillées en biseau sur ces cerces, permettant ainsi de reconstituer la forme du voûtain. 

Sur l’extrados des voûtes des bras du transept, les maçons ont disposé une chape, faite à base de chaux et de sable, renforcée par un treillis. Cette chape armée consolide l'extrados de la voûte et protège la voûte d’éventuelles infiltrations. 

 

La restauration de la voûte de la croisée du transept

 

La voûte de la croisée du transept, sous la future flèche, cœur du chantier par son emplacement géographique mais aussi par son importance symbolique, a fait l’objet d’une restauration en plusieurs temps.

Quand l’échafaudage installé à la croisée du transept pour reconstruire la flèche (voir plus loin) a atteint le niveau de la naissance des voûtes à 26 mètres à la fin du mois d’octobre 2022, les charpentiers ont monté et levé les quatre cintres de bois qui constituent l’ossature indispensable aux maçons-tailleurs de pierre pour rebâtir les arcs de la voûte de la croisée du transept. Placé au croisement des cintres un anneau de bois termine cette structure éphémère. C’est lui qui supporte la reconstruction de l’anneau de compression, également appelé oculus, qui constitue la clef de voûte de la croisée du transept.

En février 2023, les maçons-tailleurs de pierre posent sur cette structure en bois les claveaux de pierre qu’ils ont au préalable taillé en atelier et qui ont été livrés sur le chantier par la Seine.

Puis l’échafaudage est prolongé pour accueillir le tabouret de la flèche. Une fois la charpente de la flèche achevée et sa couverture mise en place, l’échafaudage est démonté et la voûte de la croisée du transept peut être complétée par la mise en place des voûtains. La dernière pierre de la voûte est posée le 16 mai 2024.

 

La restauration des murs-bahuts et des remplages

Au-delà des voûtes effondrées à reconstruire dans la nef et le bras Nord du transept, certaines pierres de la cathédrale ont subi des dommages importants du fait de la chaleur de l'incendie et nécessitent d'être consolidées ou bien changées. Les murs bahuts qui soutenaient la charpente ont été les plus touchés. La dépose des vitraux des baies hautes offre également l'opportunité d'intervenir sur certaines zones dégradées de leurs remplages.

Des protocoles adaptés à chaque situation ont été définis par la maitrise d'œuvre avec le Laboratoire de recherche des monuments historiques (LRMH). Ainsi les maçonneries ayant subi des dommages superficiels sont consolidées par une injection qui permet de resolidariser le cœur de la pierre, appelé le substrat, et son épiderme. Quand elles sont trop endommagées, les parties altérées sont refouillées, c'est-à-dire creusées, jusqu'à la partie saine et une nouvelle pierre taillée sur mesure vient prendre la place ainsi créée. Ainsi les pierres du niveau d'arase (niveau supérieur) des murs bahuts à la croisée du transept, particulièrement fragilisées par l'incendie sont remplacées dès octobre 2022. Il est important qu'elles présentent la solidité et la résistance nécessaires parce qu’elles serviront d'appui à la charpente de la flèche.

Les maçons-tailleurs de pierre interviennent également sur les remplages des baies hautes, c’est-à-dire la structure de pierre portant leurs panneaux de vitrail. Ils sélectionnent des blocs de pierre pesant de 150 à 300 kg pour leur aspect ainsi que pour leur niveau de dureté et les sculptent et les ajustent au centimètre près pour retrouver le profil de la pierre d'origine.

 

La restauration des pignons des deux bras du transept

Les pignons Nord et Sud du transept de la cathédrale, grandement fragilisés par le feu, ont été étayés dans les jours qui ont suivi l’incendie. Un diagnostic des pierres a ensuite été réalisé par l’entreprise en charge de leur restauration en lien avec la maitrise d’œuvre.

Soumises à de très fortes chaleurs, beaucoup de ces pierres ont éclaté ou sont fendues. Tout le pignon Nord et une partie des maçonneries du pignon Sud ont du être déposés pour être remplacés par des pierres neuves. Il était nécessaire en effet, qu’ils soient particulièrement solides pour soutenir une partie de la charpente mais également pour résister aux vents auxquels ils sont soumis. 

A cette fin, des échafaudages complémentaires ont été installés en 2022 autour des deux pignons afin de pouvoir y intervenir. Les maçons-tailleurs de pierre se chargent de retirer les pierres endommagées puis les remplacent par de nouveaux blocs, présentant les mêmes caractéristiques techniques et esthétiques, et préparés en atelier. 

 

Ouverture d’une loge de sculpteurs dans le chantier 

Comme au Moyen Age et dans les siècles qui l’ont suivi, les sculpteurs de pierre ont travaillé directement au pied de la cathédrale, dans une grande halle appelée loge de sculpteurs installée spécifiquement pour eux. Ainsi, au plus près de leurs modèles, guidés par le regard des architectes en chef des monuments historiques, ils ont façonné les éléments figuratifs destinés à remplacer ceux qui ont été trop abimés par l’incendie. Les sculptures originales, retirées de la cathédrale après l’incendie et stockées dans un entrepôt au nord de la région parisienne, avaient été rapatriées dans la loge afin de servir de modèles.

Chaque jour, des sculpteurs ou tailleurs de pierres des ateliers d’art sélectionnés par l’établissement public ont travaillé dans cet espace dédié pour refaçonner les morceaux manquants ou quand c’est nécessaire resculpter entièrement ces sculptures qui font le caractère de la cathédrale : chapiteaux, chimères, gargouilles, diverses sculptures ornementales, etc. 

 

Visuel principal ©Patrick Zachmann – Magnum Photos / RNDP

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